- Prix supérieur à 120 000 F (18 294 ¤)
- 115 ch
PLACE A LA BEETLE
Imaginez que Citroën commercialise une 2 CV aux standards de confort et de sécurité actuels. Eh bien, c'est exactement ce que Volkswagen vient de faire, et ça marche ! Jamais nous n'aurions pensé que la Beetle déclencherait une telle frénésie de curiosité, de sympathie et d'admiration sur son passage. Dire que nous sommes ici au plus profond de la campagne georgienne, dans le sud des Etats-Unis...
En janvier dernier, Volkswagen présentait sa Beetle "version définitive" au Salon de Detroit. Depuis, il y a eu affluence chez les concessionnaires, qui livreront les premiers modèles au mois d'avril. En France, il nous faudra être encore plus patient, puisque la Beetle n'y sera vendue au plus tôt qu'à la fin de cette année. Nous pourrons cependant la voir au prochain Salon de Paris.
Selon nos informations, son prix sera a priori élevé. Son originalité et son niveau d'équipement très complet devraient cependant le justifier. Pour Volkswagen, il faut également ne pas faire trop d'ombre à sa nouvelle Golf et satisfaire une clientèle aisée et éprise de distinction. En somme, il ne s'agit plus du tout d'une Coccinelle "voiture pour tous" !
Rien d'une Coccinelle
En prenant en mains le volant de la Beetle, les souvenirs que l'on pouvait avoir de la Coccinelle s'évanouissent d'un coup. Tout le folklore qui fesait la spécificité de cette célèbre voiture (tenue de route délicate, confort spartiate, etc) a disparu au profit d'un comportement rigoureux et d'un confort n'ayant rien à envier à celui d'une Golf dernière génération. Normal, la Beetle lui a pris toute sa substance : châssis, trains roulants et mécanique ! A l'oreille, le bruit si caractéristique de l'ancien 4 cylindres à plat est également très vite oublié au profit d'une sonorité "conventionnelle", presque inaudible au ralenti. En montant en régime, le moteur placé à l'avant se fait cependant un peu plus présent, et engendre même de légères vibrations dans le pédalier et le volant. Il faut dire que l'architecture particulière de cette Beetle pare-brise très avancé comme dans un monospace accentue la sensation que le moteur est dissimulé juste sous l'immense planche de bord. Il en découle également une position de conduite assez reculée, qui requiert une certaine accoutumance. En effet, le capot court et plongeant est invisible, ce qui peut être gênant en manoeuvre. De plus, exactement comme dans certains monospaces, l'épaisseur des montants de pare-brise conjuguée à la présence des rétroviseurs juste dans le champ de vision de 3/4 avant complique singulièrement les changements de direction vers la gauche. Ce problème se pose en circulation urbaine bien sûr.
Tout d'une berline
Sur route, la Beetle procure beaucoup de plaisir à voyager confortablement et en toute sérénité. Certes, la fermeté des sièges vous rappelle qu'il s'agit d'une voiture allemande, mais la suspension s'avère très efficace. Elle concilie une grande douceur de roulement avec un judicieux maintient de la caisse, même dans les virages abordés à vive allure. La direction est pour sa part précise, et le rayon de braquage court facilite les manoeuvres. Quant au freinage, avec quatre disques et un antiblocage efficace, il se montre très performant.
Côté motorisations, le TDI de 90 ch et le 2 litres essence de 115 ch (en boîte 5 vitesses ou automatique) reproduisent globalement les sensations procurées par la Golf. Sur route, le poids important de l'auto (plus de 1 200 kg) oblige toutefois à rétrograder souvent pour obtenir de bonnes relances. Heureusement, la commande de boîte conjugue douceur et précision, ce qui renforce d'ailleurs notre préférence pour cette boîte mécanique. La version automatique ne bénéficie pas encore des derniers perfectionnements en matière d'intelligence de fonctionnement, ce dont profite la Renault Mégane par exemple.
Un coupé Golf
Les nombreuses qualité dynamiques affichées par la Beetle sont donc de nature à satisfaire une clientèle nostalgique... et des plus exigeantes. Attention toutefois à ne pas se méprendre sur la vocation très particulière de cette nouvelle Volkswagen : la Beetle s'apparente davantage à un coupé Golf qu'à une berline familiale ! L'habitabilité à l'arrière et le volume de coffre souffrent en effet fortement de la forme descendante du pavillon. De plus, comme la Twingo, la Beetle n'est qu'une quatre places, ainsi qu'en témoigne l'absence de ceinture de sécurité centrale à l'arrière.
Les + de cette voiture :
- Gueule d'amour
- Conception moderne
- Equipement complet
Les - de cette voiture :
- Prix élevé
- Habitabilité arrière
- Visibilité 3/4 avant
Le détail plus :
Les sièges avant (montés sur parallélogramme) se basculent largement vers l'avant
Le détail moins :
Peu de place... et pas d'air à l'arrière de la Beetle. Les vitres sont fixes.
L'équipement de série :
ABS, Double airbag, Banquette AR rabattable, Climatisation, Fermeture centralisée, Jantes alliage, Phares anti-brouillard, Radio K7, Rétros électriques, Sièges chauffants, Vitres AV électriques, Volant réglable hauteur.
L'EVALUATION
Sécurité : 4/5
La tenue de route et le freinage, du niveau des meilleures berlines compactes du marché, procurent un appréciable sentiment de sécurité. Le cas échéant, les équipements figurant dans la dotation de série, du double airbag à l'ABS, se chargent de le renforcer !
Agrément : 4/5
Dans ce domaine, difficile de faire abstraction du pouvoir émotionnel très fort de la Beetle. De nombreux détails, tels les poignées de portes ou le gros compteur de vitesse rond, rappellent trop la Coccinelle pour ne pas en tenir compte. Reste que le confort bénéficie du niveau sonore contenu et de la souplesse de la suspension.
Vie à bord : 3/5
C'est surtout la place arrière qui fait défaut, mais aussi le volume de coffre. Au besoin, on peut cependant rabattre la banquette (monobloc) pour l'agrandir. Côté équipement, il ne manque rien, de la climatisation aux porte-gobelets en passant par les prises 12 volts.
Budget : 2/5
Sans concurrente à laquelle s'opposer directement, la Beetle se permet des excès bien compréhensibles. Il faut préserver la Golf, et avec moins de 10 000 voitures à vendre en France en 99, il devrait y avoir plus de demandes que d'autos à livrer ! Les amateurs devront s'y prendre bien à l'avance pour commander...
LA NOTE : 13/20
Coup d'essai et coup de maître
Bien que la production de la Beetle ait été avant tout décidée pour doper les ventes de Volkswagen aux USA d'où son lancement prioritaire là-bas, ce n'est pas prendre un risque que de lui prédire un grand succès en Europe, et plus particulièrement en France. Elle pourrait y devenir un must, à l'instar de l'Austin Mini par exemple. Ainsi, grâce à la Beetle, les aventures de la Coccinelle continuent...